Bien-être, consentement & éthique
Respecter l’animal ne consiste pas simplement à le laisser faire.
À TEM, le bien-être animal ne se résume pas à laisser l'animal libre de ses choix ou de ses déplacements.
Vivre et travailler avec des animaux implique de prendre en compte leurs besoins, leurs comportements, leurs préférences et leurs limites, mais aussi de leur offrir un cadre sécurisant et cohérent.
- Cela signifie parfois accueillir une initiative.
- Parfois interrompre une interaction.
- Parfois poser une limite.
- Et parfois décider à la place de l'animal lorsque sa sécurité, celle d'un autre animal ou celle d'une personne l'exige.
Le respect du choix de l'animal s'inscrit toujours dans une responsabilité humaine.
Le consentement se lit dans la relation
Un animal ne nous dit pas avec des mots s’il souhaite participer à une interaction. Nous devons donc être attentifs à ce qu’il exprime par son comportement, ses déplacements et ses initiatives.
S’approcher spontanément, rester à proximité, revenir vers l’interaction après une interruption ou, au contraire, détourner son attention, prendre de la distance, s’éloigner ou modifier son comportement sont autant d’éléments à observer.
Mais un comportement isolé ne suffit pas à conclure. Il doit toujours être interprété en tenant compte de l’individu, de la situation et de ce qui se passe avant, pendant et après l’interaction.
Le consentement n’est donc jamais considéré comme acquis : il s’observe et se réévalue tout au long de la rencontre.
Venir vers l’humain ne signifie pas consentir à tout ce que l’humain souhaite faire.
Le bien-être ne se joue pas seulement pendant la rencontre
Le respect de l’animal ne commence pas lorsque le visiteur arrive et ne s’arrête pas lorsqu’il repart.
Il se construit au quotidien, dans ses conditions de vie, son environnement, ses relations avec les autres animaux, son alimentation, ses possibilités de repos, d’exploration et d’activité, mais aussi dans l’attention portée à sa santé et à l’évolution de ses besoins.
La disponibilité d’un animal pour une rencontre ne se résume pas à son envie d’interagir à cet instant.
Son état physique, ce qu’il a vécu dans la journée, ses interactions avec les autres animaux, son niveau d’activité ou de repos et la situation dans laquelle il se trouve participent aussi à ce que nous devons prendre en compte.
C’est pourquoi, à TEM, la rencontre avec l’humain reste une partie de la vie de l’animal, et non ce autour de quoi sa vie est organisée.
Le bien-être se construit aussi dans les limites
À TEM, beaucoup d’animaux recherchent spontanément la présence humaine. Certains viennent au contact, sollicitent l’attention, suivent les personnes ou cherchent à prolonger l’interaction.
Cette envie de relation est accueillie, mais elle n’implique pas de répondre à toutes les sollicitations.
Une chèvre qui monopolise l’attention, un cheval qui se rapproche beaucoup, un chien qui réclame encore une interaction ou plusieurs animaux qui souhaitent participer en même temps peuvent nécessiter que l’humain intervienne, organise l’espace ou pose une limite.
Ces limites permettent de préserver la sécurité et le confort de chacun, mais aussi les relations entre les animaux eux-mêmes : les plus entreprenants ne doivent pas systématiquement prendre toute la place au détriment des plus discrets.
Le rôle de l’humain est alors de trouver un équilibre : accueillir les initiatives sans les renforcer systématiquement, permettre la relation sans la laisser devenir envahissante et rester attentif à chacun.
Respecter l’animal, c’est aussi savoir lui dire non.
Concrètement, lors d’une visite ou d’une séance
Ces principes ne restent pas théoriques : ils influencent directement la manière dont se déroulent les visites et les séances de médiation animale à TEM.
Une rencontre n’est pas construite autour d’un programme de contacts à obtenir avec les animaux. Elle s’adapte à ce qui se passe réellement sur le moment : aux personnes présentes, aux animaux, à leurs initiatives et à la dynamique du groupe.
Cela peut signifier accueillir un animal qui vient spontanément participer, mais aussi canaliser celui qui prend beaucoup de place, interrompre une interaction qui devient trop intense ou permettre à un animal plus discret d’être présent sans être évincé par les autres.
De la même manière, une personne n’est jamais obligée d’entrer en contact avec un animal. Observer, rester à distance, se rapprocher progressivement ou refuser une interaction font aussi partie de la rencontre.
En médiation animale, l’objectif poursuivi ne justifie pas davantage de contraindre la relation. Nous adaptons l’activité, le déroulement ou notre manière d’intervenir plutôt que de demander à l’animal ou à la personne de s’adapter à tout prix à ce qui avait été prévu.
À TEM, le cadre est préparé. La rencontre, elle, se construit avec ce qui se passe réellement.
Une approche portée par l’expérience de terrain
L’approche développée à TEM est portée par Marine Droin, fondatrice et présidente de l’association, psychopédagogue, zoothérapeute – intervenante en médiation animale et formatrice professionnelle.
Depuis plus de quinze ans, son travail auprès des animaux et des personnes accompagnées l’amène à questionner la place donnée à l’animal dans la relation, les conditions de sa participation et la manière dont ses comportements sont observés et pris en compte.
Cette réflexion ne se limite pas aux temps de visite ou de médiation animale. TEM est également son lieu de vie, ce qui permet une observation quotidienne des animaux dans des contextes très différents : au sein de leurs groupes sociaux, dans leurs espaces de vie, au repos, lors des soins, dans leurs interactions spontanées avec l’humain, ou simplement lorsqu’aucune activité ne leur est proposée.
Cette connaissance des animaux dans leur quotidien permet aussi de mieux percevoir leurs individualités, leurs habitudes, leurs préférences et leurs évolutions, et de ne pas réduire leur comportement à ce qu’ils montrent pendant une rencontre.
Au fil de son expérience professionnelle et de la vie quotidienne auprès des animaux, une conviction s’est ainsi imposée : la qualité d’une rencontre ne se mesure pas à la quantité d’interactions obtenues, mais à la manière dont chacun peut y trouver sa place.
C’est cette réflexion qui continue aujourd’hui de nourrir l’approche de TEM, où bien-être, observation, adaptation et responsabilité humaine guident les décisions prises avant, pendant et après chaque rencontre.
